Oubliez les conseils habituels sur la confiance en soi et le charisme. Les leaders qui possèdent la plus forte présence exécutive ont recours à une approche plus concrète — et bien plus efficace.
L’un des commentaires les plus courants que reçoivent les leaders en matière de développement professionnel est aussi l’un des moins utiles : « Vous devez améliorer votre présence exécutive. »
À première vue, ce commentaire semble tout à fait logique. La plupart des professionnels savent reconnaître la présence exécutive lorsqu’ils la voient, et la plupart des entreprises considèrent que « l’image que l’on renvoie » est un facteur différenciateur important pour les postes de haute direction.
Pourtant, lorsque je demande à mes clients ce qu’ils pensent devoir faire de ce commentaire, la conversation s’enlise dans un silence gênant.
Doivent-ils se tenir plus droit ? Parler de manière plus posée ? Afficher davantage de confiance en eux ? Acheter de plus beaux costumes ? Avoir plus de charme ?
Mon hypothèse est que nous commettons une erreur de jugement : nous considérons la présence exécutive comme une qualité insaisissable, quelque chose qui s’apparente à un trait de personnalité que les leaders possèdent… ou dont ils sont dépourvus. Ainsi, lorsque l’on encourage les leaders à améliorer leur présence exécutive, que sont-ils censés changer ? Eux-mêmes ? Leur personnalité ?
Au cours de plus de vingt ans passés à conseiller des CEO, des conseils d’administration et des équipes de direction, j’en suis venu à penser que nous avons toujours abordé la notion de présence exécutive à l’envers. Elle ne dépend pas principalement du charisme, de la confiance en soi, du style de communication ou de l’autorité. Au contraire, les dirigeants qui possèdent la plus forte présence exécutive sont ceux qui excellent à identifier ce qu’exige une situation donnée, puis qui choisissent de se montrer à la hauteur et d’assumer pleinement leur rôle de leader.
La présence exécutive d’un leader n’est pas quelque chose que l’on possède : c’est un choix
En réalité, lorsque surviennent les situations qui exigent le plus cette présence, nous avons tendance à nous concentrer sur nous-mêmes plutôt que sur l’instant présent.
Au lieu de se demander :
- Est-ce que je parais sûr de moi ?
- Est-ce que je dégage de l’assurance ?
- Est-ce que je fais preuve d’expertise ?
Les dirigeants dotés d’une forte présence exécutive se posent les questions suivantes :
- Quelle approche cette situation exige-t-elle ?
- Quel résultat est-ce que je cherche à obtenir ?
- Comment puis-je m’adapter ?
C’est la situation qui est le meilleur des enseignants
La présence d’un leader ne se mesure pas dans l’abstrait ; elle se révèle dans des moments comme ceux-là :
1. La réunion du conseil d’administration
Une CEO entre dans la salle, parfaitement préparée. Elle connaît les chiffres, a relu chaque diapositive et est capable de répondre à toutes les questions. Pourtant, la réunion manque de dynamisme : les administrateurs sont distraits et la discussion peine à avancer. Elle repart frustrée.
Que s’est-il passé ?
Le problème ne venait probablement pas de la préparation, mais du calibrage.
Les conseils d’administration ont rarement besoin que les dirigeants démontrent l’étendue de leurs connaissances. Ils recherchent une vision d’ensemble, du discernement, de la franchise et un véritable dialogue. Un leader déterminé à simplement « présenter » passera à côté de l’occasion d’engager le dialogue.
Conseil pratique : avant votre prochaine réunion du conseil d’administration ou votre prochaine présentation importante, demandez-vous si votre objectif est d’impressionner tout le monde par votre préparation ou de les faire participer à une discussion plus constructive.
2. La réunion de l’équipe de direction
Un cadre supérieur a un point de vue bien arrêté et défend avec passion une ligne de conduite. Mais plus il insiste, plus il suscite de résistance.
Que s’est-il passé ?
Une fois encore, le problème ne résidait pas dans la conviction, mais dans l’adaptation.
Le leadership exige parfois de défendre une cause, mais dans d’autres cas, il vaut mieux adopter une approche interrogative. Les dirigeants dotés d’une forte présence exécutive comprennent cette différence et la mettent en pratique : ils savent quand insister sur leur position et quand poser une question. Ils reconnaissent que l’influence naît souvent de la curiosité plutôt que de la certitude.
Conseil pratique : la prochaine fois que vous vous surprenez à argumenter avec plus de vigueur, arrêtez-vous et posez une question sincère avant d’essayer de faire valoir votre (prochain) argument.
3. Une énergie négative
Je rencontre très souvent ce cas dans le cadre de mon activité de conseil : un leader aborde une discussion importante en étant frustré, anxieux ou sur la défensive. Sans le vouloir, il transmet cette énergie émotionnelle à ses interlocuteurs.
Les autres perçoivent davantage cette émotion qu’ils n’écoutent le message :
- La dirigeante qui pense faire preuve d’urgence peut être perçue comme impatiente.
- Le dirigeant qui pense faire preuve de détermination peut paraître dédaigneux.
- Le cadre qui pense dégager de la confiance peut paraître arrogant.
- La présence exécutive d’un leader tient moins à la manière dont il se présente qu’à son aptitude à se gérer efficacement.
Conseil pratique : avant d’entrer dans une réunion importante, prenez dix secondes pour observer l’émotion que vous vous apprêtez à faire entrer dans la pièce. Est-ce ce que la situation attend de vous ?
Le leader dont le moment a besoin
Améliorer votre présence exécutive ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre. Il s’agit plutôt de choisir de manière plus réfléchie les aspects de votre personnalité que vous décidez de mettre en avant.
Les leaders dotés de la plus forte présence exécutive ne sont pas nécessairement les personnes les plus charismatiques de la pièce ; beaucoup d’entre eux font preuve d’une remarquable discrétion. Ce qui distingue ces dirigeants, c’est leur capacité à analyser une situation, à comprendre ce qu’elle exige et à réagir en conséquence. Ils ne confondent pas authenticité et rigidité, et ne partent pas du principe qu’un leadership efficace implique de se comporter exactement de la même manière en toutes circonstances.
Ils comprennent que le leadership est une succession de choix.
La présence exécutive n’est pas quelque chose que l’on possède. C’est un choix que l’on fait, encore et encore : celui d’être le leader que le moment exige.
Mark Nevins
Je remercie Mark Nevins pour ses conseils avisés. Retrouvez :
- Tous ses articles sur Forbes, dans leurs versions originales
- Son profil LinkedIn
- Son site web
- Certains de ses autres travaux
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